Je vais utiliser les services de ce
vieux banc de bois

pour vous parler un peu des outils
qu'on utilisait dans mon enfance.
Vous allez me dire qu'il n'est pas
bien beau, mon banc, qu'il est un tant soi peu vermoulu et qu'il
aurait besoin d'une bonne couche de peinture.
Vous avez raison mais c'est comme ça
que j'en ai hérité et il a pour moi une grande valeur sentimentale
parce que c'est là que Papa venait se reposer et se rafraichir
après sa journée passée au jardin.

Ce qui signifiait aussi
qu'il avait alors un peu de temps pour nous.
Mais revenons a nos outils. Qui dit
jardin dit travail de la terre et qui dit terre, dit fer.

Voici un échantillon de ces vieux
fers. Il n'y a là que ceux qui n'ont plus de manche, les autres
sont toujours opérationnels.
Vous aurez remarqué la varieté des
bêches : a dents plates, a dents pointues, droites, courbes, petits
fers, grands fers, il y en avait pour toutes les morphologies.
Detemps à autres, les insectes
attaquaient les plantations. Il fallait les défendre.

On épendait donc de l'insecticide à
l'aide de ces pompes à mains qu'on appelait des "seringues".
Le principe était simple. Vous
prépariez votre bouillie dans un arrosoir, un tuyau relié au bas de
l'appareil trempait dans le liquide et vous pompiez en rapprochant
et en éloignant les deux poignées de l'instrument, tout en
dirigeant l'embout vers les plantes que vous cherchiez à
protéger.
Aussi efficace pour les pectoraux
qu'un banc de musculation, croyez-moi!
Les produits tout faits n'existaient
pas à cette époque, on composait soi-même sa décoction en fonction
de la situation. Et pour ce faire, on pesait les ingrédients.

On utilisait souvent la
balance. Pour les fruits et le sucre à l'époque des
confitures, par exemple, mais plus généralement pour la cuisine,
dans la vie de tous les jours.
Il y avait aussi de l'entretien à
assurer. Et pour cela aussi, il fallait être outillé.
Une fuite dans une gouttière, on la
colmatait avec de la soudure à l'étain.

En utilisant ce genre de fer à
souder qui chauffait dans la braise avant d'officier.
Si c'était un problème de
tuyauterie, soudure encore mais avec un outil autrement
sophistiqué :

C'est un peu plus lourd, je vous
l'accorde, mais reconnaissez que cela fait beaucoup plus "Pro" que
la petite lampe à souder bleue "camping gaz".
Il faudra également penser
à couper du bois, c'est un des principaux combustibles. Il y a
les haches, bien sur, mais ce sont les scies qui vont oeuvrer en
premier.

Voilà une collection de scies à
cadres. Le principe est simple, la lame est tendue par une ficelle
qu'on torsade à l'autre extremité du cadre.
Méfiez-vous de la deuxième en
partant de la droite, c'est une scie à "ébrancher" qu'on utilisait
aussi en la tenant à la verticale, posée par terre et en faisant
aller et venir le bout de bois sur la lame.
J'ai encore sur les bras les
cicatrices de ses dérapages!
Moins dangereuses, les égoïnes pour
les petites besognes.

Il y en a, là encore, de toutes les
tailles.
Me reste à vous présenter le plus
sophistiqué de tous ces vieux outils.
Vous, messieurs, qui êtes si fier de
votre
perceuse-visseuse-dévisseuse-raboteuse-ponçeuse-chantourneuse-meuleuse,
vous allez pâlir de jalousie devant un appareil extrêmement
sophistiqué pour l'époque !

J'ai nommé la chignolle à
manivelle.
Quasiment un signe extérieur de
richesse, on faisait des trous par plaisir.
Mais....
Vous êtes encore là?
Qu'est-ce que vous attendez?
AU
TRAVAIL!